Atelier de réflexion sur les bases
de l’enseignement des
livres de Roger Guasco

La KAABA, (= cube = Dé = D = 4 = représentation symbolique de la Terre), la Kaaka existait bien avant l'arrivée de l'Islam.
On sait qu'il existait au Proche et Moyen Orient au minimum, une vingtaine de monuments de ce type, érigés pour des cultes de Bétyles, dits "cultes de la pierre", puisque dans ces édifices, les représentations des dieux, ou les fonctions des dieux, étaient personnifiées par différentes sortes de pierres.

 

Des temples érigés en cube se retrouvent en Afghanistan (Atesgah) et en Iran, partout où l'enseignement de Zoroastre a essaimé.
Au site de la Mecque, 360 représentations de pierres étaient rassemblées dans un édifice cubique.
C'est en l'an 630, sous l'influence de Mahomet, que l'on a détruit les traces de ce culte païen, Mahomet n'ayant conservé que quelques pierres, dont la météorite, la pierre noire qui a été enchâssée dans l'angle Est du cube, lors de la reconstruction du temple, probablement une pierre particulièrement vénérée car, "venue du ciel", peut être aussi la première, elle aurait pu justifier par sa chute, le bornage du lieu sacré. (Il existe aussi une pierre blanche dans l'angle sud.) Le puits de ZemZem, source jamais tarie participe grandement à vénérer ce lieu de vie.


Allah désignait, pour les musulmans, le dieu fondateur de la Kaaba, la fonction primordiale des 360 représentations divinisées, 360 évoque un découpage de l'année en 360 jours, ou un découpage du cercle, tel qu'on le connaissait depuis longtemps en Égypte, en 360 parties. (la planisphère céleste de Dendérah est découpée en 36 décans: 36x10)
Ce mot d'origine sémitique désigne une divinité, (EL, AL, L = appellation non personnifiée de dieu).
En Arabie, "Allah" était l'appellation donnée au "dieu Lune", un dieu d'un rang très élevé parmi les autres, associé à trois autres divinités: Allât, al-Uzza et Manat.
- A Ta'if, au sud-est de la Mecque, Allât était la divinité principale, représentée sous la forme d'une roche cubique (une météorite ou une roche volcanique) autour de laquelle, était édifié un sanctuaire connu sous le nom de "La maison de la déesse".
- Al Uzza, représentation de Vénus, était très vénérée, dans une vallée près de la Mecque, statue féminine installée près d'un arbre, sur ordre de Mahomet son arbre fut abattu et son sanctuaire détruit en l'an 8 de l'hégire.
- Manat, similaire à la déesse égyptienne Maat, déesse de la justice et de la mort a connu le même sort qu'Al Uzza.
Le problème de cette période historique, c'est que le Soleil, astre primordial entre tous, élément crucial de compréhension de l'horloge cosmique, se voit détrôné par la Lune pour des raisons purement climatiques.
Le culte, servant de chaîne mémorielle, se détourne de sa fonction première, car la désertification, gagne du terrain, la chaleur devient accablante, aussi le Soleil autrefois adoré perd sa place dans le cœur des hommes et se voit remplacé par l'astre de la nuit, associé à la fraîcheur.
Difficile alors de retrouver la justification d'une connaissance astronomique qui aurait pu arriver jusqu'Ă  nous.

Peut-on encore trouver trace de cette connaissance en ce lieu ?

A priori, il semble que l'ouverture pratiquée dans l'édifice cubique, respecte une plage d'angles pouvant inclure les levers solaires de la ligne des Passages, cependant, à ma connaissance, aucun objet ou promontoire ne vient confirmer un axe rigoureusement précis, justifiant ce savoir.
Si l'ouverture a été conservée dans la même position, lors de la reconstruction, on pourrait en déduire, que par le passé ce savoir était clairement signifié et, logiquement, la pierre noire, vénérée entre toutes, aurait dû être positionnée à une des extrémités de l'axe central de la porte ouverte à la lumière.

 

Levers solaires aux coordonnées de la Mecque

Le culte pré islamique des Bétyles, (= pierres), est largement répandu.
Originellement, il s'agit toujours d'un culte solaire, l'arrivée de la Lune est tardif, (lié au changement de climat), malheureusement, la Lune en remplaçant le Dieu premier, le Soleil, fausse définitivement la voie d'une compréhension astronomique.
- En Syrie, l'antique ville d'Emèse, (actuellement Homs), fut un lieu sacré, où se vénérait, une pierre noire conique, tombée du Ciel. Il s'agissait d'un culte solaire que Varius Avitus Bassianus, prince syrien, devenu empereur romain en 218, grand prêtre du dieu Soleil invincible Elagabal, voulu rendre prédominant.
Élagabal = El -> Dieu + Gabal -> montagne, hauteur.
- En Syrie à Bostra et en Jordanie, à Petra, était honorée la pierre noire de Dusares.
Dusares = du Sharâ = Soleil Sha (Mont Sharâ à l'Est de Petra).
Ce bétyle était une pierre cubique, symbole du culte solaire des Nabatéens au 4ème siècle, plus tard les grecs le reliront au culte de Dionysos.
Faisant allusion à la pierre noire de Dusares à Petra, Clément d'Alexandrie mentionnait vers 190 "les Arabes adorent des pierres". Ou encore Maximus Tyrius, au deuxième siècle après J.C. : "les Arabes rendent hommage à je ne sais quel dieu, qu'ils représentent par une pierre quadrangulaire."
Quand Mahomet détruisit les 360 idoles contenues dans la Kaaba, il conserva la Pierre noire, en déclarant qu'elle était un ancien cadeau de Dieu.

Les idoles les plus anciennes ne sont jamais anthropomorphes, elles sont minérales, souvent dans leur forme naturelle, ou si elles sont taillées, elles sont géométriques, car elles correspondent à une symbolique de fonctions, ou de forces. En définitive, elles sont plus proches d'un savoir originel.
La perte du savoir, fait naître des cultes sanguinaires où seule la superstition, l'hystérie collective déclenchait des forces que l'on a assimilé à des réponses divines.
Les cultes se succèdent, cherchant un équilibre, mais comme le savoir est perdu, ils se remplacent par d'autres formes d'idolâtrie humanisée, aujourd'hui on embrasse, les statues des saints, les pieds de la vierge, le mur des lamentations, la statue de Bouddha, n'importe quelle relique.... est-ce bien différent ?
Où se situe le progrès ?
Une antique idole de pierre d'une tribu libyenne exposée au musée de Tripoli, nous montre qu'elle n'était pas forcément l'expression d'une adoration dénuée de sens. La coupe de la pyramide de Mykérinos se superpose avec suffisamment de précision pour nous le confirmer.

 

pierre gravée de Tripoli pierre gravée de Tripoli

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