Atelier de réflexion sur les bases
de l’enseignement des
livres de Roger Guasco

Avant d'être un écrivain pour que l'écrit transmette la connaissance au delà d'un contexte de proximité, Monsieur Roger GUASCO est un homme qui porte une parole vivante, qui interpelle ceux qui ont la chance de le rencontrer. Il est de ceux pour qui la parole est un espoir, une liberté en dehors de toute structure, de toute école, de toute récupération.
Quelques questions lui ont été posées...

 

 

Q - Actuellement, l'homme est obsédé par sa santé. Il considère la maladie comme une fatalité. Qu'en pensez-vous ?

R -
La maladie n'a rien à voir avec la fatalité. Elle est très souvent fabriquée de toutes pièces par l'homme.
Qu'il s'agisse d'une maladie contagieuse ou d'une atteinte psychosomatique, l'humain a de toute façons en lui toutes les possibilités de défense, et dans ce contexte, si le médecin est utile, il ne doit être ni une fatalité ni une finalité. Je m'explique : tout va trop vite aujourd'hui dans la société. L'homme n'a plus le temps de s'adapter. Il subit trop d'agressions, bruit, pollution, surmenage, conditionnements...
Ces instructions multiples ont amen√© l'apparition de maladies nouvelles dites de ¬ę civilisation ¬Ľ : le cancer, les d√©pressions nerveuses, les maladies cardiaques.. Elles t√©moignent en fait de la mauvaise adaptation √† un monde trop artificiel, un monde que l'homme refuse au plus profond de lui-m√™me. Si l'homme comprend ce que ces maladies repr√©sentent r√©ellement, il ne se contentera plus de soigner les sympt√īmes par les tranquillisants, les drogues, le yoga. La maladie n'est plus un coup injuste du sort, elle devient une v√©ritable sonnette d'alarme et dans ce sens, c'est le moyen pour l'homme d'√©voluer, de s'en sortir. La maladie vue de cette fa√ßon, c'est le risque de l'homme du XXe si√®cle, et le risque, c'est la vie, c'est le contraire de la s√©curisation √† outrance.
L'homme possède en lui toutes les possibilités biologiques de défense et d'agression et peut ainsi décider du OUI ou du NON de sa maladie. Quant il dit oui, il abdique, il capitule, il ne croit plus en lui. Quand il dit non, c'est justement parce qu'il entend la sonnette d'alarme et qu'il décide de réagir, de démontrer les conditionnements qui lui font jouer la comédie 24 h sur 24.
Il peut en √™tre ma√ģtre de cette maladie mais pour cela, il faut qu'il ait confiance en lui. L'organisme et les anticorps sont alors suffisamment forts pour lutter, et il y a √©volution dans le sens d'une compr√©hension qui lui permet de r√©soudre des conflits, et de se lib√©rer de certaines contraintes physiques et mentales. A ce moment l√†, on pourrait presque dire que c'est la foi qui intervient et qui fait fonctionner le cerveau pour cr√©er des anticorps.

De m√™me quand √† la seule vue du m√©decin, le malade est soulag√©, c'est qu'il croit en son m√©decin et c'est bien de foi qu'il s'agit. Cette foi n'est pas hasardeuse du tout. On s'aper√ßoit que quand elle dispara√ģt, la maladie empire et peut alors entra√ģner la mort.

Si la maladie est caus√©e par un agent ext√©rieur (piq√Ľre, blessure, microbes), le processus est diff√©rent, mais l'homme n'a pas forc√©ment besoin de causes externes pour √™tre malade. On peut m√™me dire que le plus souvent, il invente ses maladies, parfois il les invente par la peur...Certains m√©decins sont responsables des maladies de leur patients... Quand ils parlent de cancer √† un malade, se rendent-ils compte que le malade est tout pr√™t √† l'inventer ce cancer ? Actuellement, c'est la maladie qui effraie le plus l'homme et elle fait des ravages. La l√®pre a presque totalement disparue parce que la peur de cette maladie a √©t√© remplac√©e par la peur du cancer.

Quand √† ceux qui ne sont pas malades parce qu'ils sont bien dans leur peau, qu'est ce que cela veut dire ¬ę bien dans sa peau !¬Ľ Cela signifie √™tre en accord avec soi-m√™me, me direz-vous ; l'inconscient est ¬ę bien dans sa peau ¬Ľ, le sportif aussi, mais eux, √©videmment, on ne peut pas dire qu'ils se posent beaucoup de questions !

Q - Peut-on faire le parall√®le entre le comportement de l'homme dans son environnement et la maladie qui s'attaque √† un organisme jusqu'√† entra√ģner la mort et dispara√ģtre avec lui ?

R -
En effet, l'homme se comporte comme la maladie par rapport à ce qui l'entoure ; on se demande s'il n'est pas lui-même la maladie de la Terre.

Quand il est en équilibre, en harmonie avec elle, elle le tolère. S'il l'agresse en la détruisant, en la polluant, en se multipliant à outrance, l'acceptera-t-elle encore longtemps ?
L'homme est une finalité, un aboutissement. Aucun être évolutif n'a été mis en place après lui. Il pourrait donc vivre en communion avec la Terre, la comprendre, chercher à comprendre pourquoi il est là. Mais quand il vit en parasite de cette Terre, qu'il cherche à s'imposer à tout prix, qu'est-ce que cela veut dire ? Cela signifie qu'il est la leucémie de la Terre, qu'il l'asphyxie. Il la fait mourir par ses exigences de calories, de bouffe, de confort. C'est un véritable cancer.

Q - Alors, pour vous, l'homme est un être nuisible ?

R -
Il l'est en un fait qu'il se croit sup√©rieur √† tout ce qui vit sur Terre, il a le droit de vie et de mort sur les animaux, selon qu'ils sont domestiques ou sauvages, beaux ou moches, utiles ou pas. Il d√©cide de tout cela. Il fait une atteinte totale √† la libert√© qu'on lui a laiss√©e pour appara√ģtre, pour exister. Cette libert√©, tous les jours, il la retire aux autres. Et pourtant, il fait partie d'un tout. Le merveilleux de l'homme justement, c'est qu'il est issu de toutes les vies, de tout ce qui a exister sur Terre, m√™me les pierres, les plantes, les coquillages... S'il avait compris cela, il serait moins nuisible, moins dangereux.

Dans la société, le croissez et multipliez est devenu un véritable mot d'ordre. On a pourtant retrouvé des écrits anciens qui disaient le contraire. De tous temps, des hommes ont crié "attention" et de tout temps on les a fait taire. Au départ, on peut comprendre le "Croissez et Multipliez" du lointain passé de la nation juive, minorité de pasteurs, par rapport à la nation égyptienne qui était une grande puissance. Mais après, cela devient aberrant. Et pourtant, l'homme a continué et maintenant c'est au nom de la consommation que sévit ce commandement.
Les religions ont instaur√© une morale, un soi disant respect de la vie, afin d'accro√ģtre le nombre de leurs adeptes, chacune voulant √™tre la plus puissante. Cette multiplication excessive asphyxie la Terre enti√®re, et tout √ßa, pour le plaisir de dire : " Nous sommes les Ma√ģtres " !

Q - Que représentent alors les croyances actuelles pour vous ?

R -
Les premières croyances qui reconnaissaient les puissances de la Nature étaient beaucoup plus vraie que les dieux fabriqués et structurés il a 4.000 ou 5.000 ans. Ces cultes étaient peut-être utiles au départ et correspondaient à certains besoins ; maintenant, ils n'ont plus de sens, ils sont très matériels et imposent à l'homme une façon de vivre, de se comporter dans la famille, ils sont très fonctionnels. Ce sont des dieux hommes qui n'ont été inventés d'ailleurs que pour s'occuper des affaires des hommes.

Si l'homme avait regard√© autour de lui, il se serait tr√®s vite aper√ßu qu'il n'√©tait pas issu de ces divinit√©s. La cr√©ation est une libert√© totale qui se manifeste dans toutes les formes de la vie et le fait que l'homme ait invent√© des cultes tr√®s conditionn√©s et conditionnant, √ßa veut dire qu'il les a fabriqu√©s √† sa convenance. Il a rabaiss√© Dieu √† dimension d'homme et celui dont il parle, c'est Polichinelle. Un Polichinelle qu'il a cr√©√© de toute pi√®ce, o√Ļ le bien se confond avec le mal, o√Ļ l'argent a beaucoup d'importance, o√Ļ il y a des chefs et des esclaves, o√Ļ les privil√®ges de la descendance, du droit d'a√ģnesse, de l'h√©ritage, les droits de tout ordre r√©gissent la soci√©t√©. Tous ces droits sont contraires √† la libert√©, contraires √† tout ce dont l'homme a b√©n√©fici√© pour pouvoir exister, car il oublie trop vite qu'il n'existe que par les autres.

En fait, ses idoles justifiant son comportement, elles n'ont rien √† voir avec la r√©alit√©. La r√©alit√©, c'est la Cr√©ation, l'oiseau, le pr√©dateur, les fleurs. Et lui, l'homme, il √©pargne les fleurs qu'il aime au d√©triment des fleurs sauvages en mettant du d√©sherbant... Il a supprim√© 2.000 √† 3.000 esp√®ces de fleurs, simplement pour le plaisir d'avoir des grains bien tri√©s. Il a tri√© l'ivraie avec du d√©sherbant... C'est une √©conomie de main d'Ňďuvre... Mais il ne se rend pas compte qu'en agissant ainsi, il est en train d'aseptiser la Terre et aseptiser la Terre, c'est la tuer.

Il bafoue toutes les libert√©s et le paradoxe, c'est que si on en parle de cette libert√©, on passe pour un illumin√©. Quand les religions s'imposent, elles savent bien qu'elle sont fausses, que les origines dont elles se r√©clament ont √©t√© d√©mont√©es par l'arch√©ologie ; elles sont peut-√™tre bas√©es sur un savoir mal compris, mais pas sur une r√©alit√©. Actuellement, l'homme sait qu'il peut faire le tri dans ce qu'on lui propose. Il a la v√©rit√© √† sa porte. Les dogmes au d√©part ont peut-√™tre entrevu une puissance cosmique, mais ils justifient surtout un dieu-homme aujourd'hui ; ils se m√™lent √† la vie politique, se pr√©occupant du partage des terres. Maintenant qu'on arrive √† une certaine compr√©hension de l'univers, gr√Ęce aux connaissances livresques et √† l'intellectualisme, l'homme d√©couvre que des dieux √† la X ou √† la Y √ßa ne tient pas debout du tout.

Puisqu'il se dit intelligent, il devrait accepter de les remettre en question et de se remettre en question.

Q - Est-il possible d'avoir une vision de Dieu en dehors de toute religion ?

R -
Oui, car toutes ces divinités qui interviennent dans tous les actes de la vie courante n'ont rien à voir avec la formidable puissance cosmique d'origine. Rendez-vous compte, pour cette force, notre système solaire ne représente même pas un atome, et on voudrait la faire participer à notre vie matérielle, à nos petits tracas de tous les jours, c'est absurde !

Qu'est-ce qu'on perdrait si on admettait de se remettre en question, si on voulait bien se demander une fois "qu'est ce que ça veut dire véritablement Dieu, qu'est ce que ça représente ? ". Personne n'y perdrait rien au contraire.

On pourrait espérer alors aller beaucoup plus loin.

Q - Mais pourquoi l'homme s'entête t-il, pourquoi ne veut-il pas voir autre chose ?

R -
L'homme est dans son caca et il veut y rester. Ce n'est plus un idéal qu'il recherche ; on s'aperçoit que le monopole qu'il veut conserver, il le revendique par la force et non par la compréhension. C'est l'homme qui espère qu'un jour, il remplacera la force qui l'a créé.

On s'aper√ßoit avec stupeur que certains dieux, tels qu'ils ont √©t√© con√ßus, repr√©sentent une vengeance de l'homme. Mo√Įse avait fui l'√Čgypte apr√®s avoir commis un crime et en repr√©sailles, il a discr√©dit√© les idoles de ce pays. Les √Čgyptiens g√©raient la nation ; dans ce sens, ils √©taient, aux yeux des H√©breux, de v√©ritables dieux et quand le peuple des esclaves s'est d√©livr√© de leur emprise, il a pu penser qu'il avait vaincu une puissance sup√©rieure. A ce moment, il a commenc√© √† exister, √† prendre conscience de lui-m√™me et a acquis une certaine force. Et ensuite, les H√©breux ont continu√© √† consid√©rer que leur force, c'√©tait la force contre Dieu, ils ont poursuivi la confusion entre leur ma√ģtre √©gyptien et une puissance divine. Et depuis, ils ont toujours lutt√© contre la Nature. Pourquoi ? On ne peut nier que dans cette comp√©tition, l'homme a fait un certain travail ; il a d√©velopp√© sa compr√©hension, il s'est affirm√©. Mais ce qu'il aurait fallu, c'est que tout au long, il comprenne progressivement que ce qu'il d√©couvrait ne lui appartenait pas. Qu'il reconnaisse que tout existe d√©j√† dans la nature. Mais une d√©couverte pour lui, il en est l'inventeur. Le trait de g√©nie, il le revendique, il n'h√©site pas, le g√©nie c'est lui ! Il dit : ¬ę Je me suis endormi et paf ! Eur√™ka ! ¬Ľ Il admet qu'il a saisi une id√©e dans l'air, il sait tr√®s bien qu'il n'en est que le r√©ceptacle, mais par orgueil il se l'approprie.

Le Professeur Is.. a dit que son but principal √©tait de lutter contre la nature. Mais puisque la nature, c'est la cr√©ation, il lutte contre cette cr√©ation. Comment ces gens-l√† peuvent-ils dire qu'ils croient en quelque chose ? Le Messie qu'ils attendent est un super homme fabriqu√© de toute pi√®ces, le superman, Goldorak des bandes dessin√©es, un super homme qui √©ventuellement sera ma√ģtre de la galaxie.

L'homme qui impose sa doctrine à coups de cloches, de versets, de psaumes et de prières, cela n'a pas de sens. On parle d'amour, de bonté, de fidélité.. mais ces mots, que veulent-ils dire ? On peut les interpréter comme on veut, ils n'ont pas empêché l'homme d'être barbare, cruel. Depuis 6.000 ans il n'a connu aucune évolution mentale, il se croit le plus fort. Il s'est permis tous les excès, tous les abus et il continue.

Q - Tous ces débordements, ces bavures, n'ont-ils pas été le fait de minorités et d'exaltés ?

R -
Non, ils ont √©t√© r√©alis√©s avec la b√©n√©diction du plus grand nombre. L'inquisition a √©t√© un v√©ritable ph√©nom√®ne social, une corruption g√©n√©ralis√©e o√Ļ calomniateurs, d√©nonciateurs, ceux qui punissaient et ceux qui profitaient de la punition en s'appropriant les biens spoli√©s, √©taient complices. Les Cathares disparus, les Templiers ont √©t√© d√©cim√©s avec la m√™me ardeur quand ils ont eu termin√© leur travail. Et plus, √ßa a continu√©. On ne peut pas dire qu'Hitler a impos√© √† toute une nation son point de vue. Non, il y a le bon vouloir de tout un peuple qui fort de sa puissance a particip√© aux horreurs que l'on conna√ģt. Le communisme en a fait autant avec Staline ; de m√™me quand les Europ√©ens ont d√©barqu√© en Am√©rique, ils ont massacr√© les indig√®nes avec bonne conscience. L'Irlande, Isra√ęl connaissent les m√™me exc√®s. Isra√ęl se dit h√©ritier de certains territoires qu'il a quitt√© depuis plus de 3.000 ans. √áa ne tient pas debout ! A ce moment-l√†, les Wisigoths peuvent revendiquer la France et les Huns √©galement...On se trouve confront√© √† un ph√©nom√®ne social de justifications, d'ambitions parano√Įaques et dans ce contexte, ce qu'on peut appeler Dieu en tant que force cosmique et cr√©atrice est v√©ritablement remis en cause. Incontestablement, quand on tol√®re de tels agissements, on l'assassine. Quand on commet les pires cruaut√©s en son nom, il faut avoir un sacr√© culot ! Qu'est-ce qu'il repr√©sente l√†-dedans, un d√©sir de puissance, de domination alors qu'il est une force cosmique, ce n'est pas possible !

Q - Cette force cosmique, l'homme peut-il esp√©rer la conna√ģtre ?

R -
Il faut bien comprendre que si cette force apparaissait dans sa totalit√©, sa puissance serait tellement √©norme que tout dispara√ģtrait, la galaxie se volatiliserait.

Par contre, cette force peut se manifester tr√®s localis√©e, tr√®s limit√©e si l'homme la souhaite. Ce souhait, c'est peut-√™tre l'espoir que tout homme a encore au fond de lui. Mais pour cela il faut qu'il comprenne le pourquoi de son existence. Il lui faut concevoir l'intellectualisation non comme un moyen de domination, mais comme une possibilit√© d'√©panouissement qu'il utiliserait pour saisir le pourquoi et le comment des choses. Il saurait alors pourquoi il est l'aboutissement de l'√©volution. Il comprendrait qu'il est issu de tout, que de g√©n√©ration en g√©n√©ration, par des mutations successives, il est arriv√© l√† o√Ļ il est. Il a √©t√© le protozoaire du d√©part...Il est fait pour comprendre ce qu'il a √©t√© au d√©part, √† quoi ont servi toutes ces mutations, quels souhaits les ont fait appara√ģtre...A ce moment-l√†, il fait partie du tout et tout le monde sert √† tout. Toutes les compr√©hensions sont utiles, celle du malade, du bien portant, du beau, du moche, du riche, du pauvre. Alors on comprend que chacun puisse esp√©rer ne pas avoir √©t√© inutile.

Si on comprenait le pourquoi de notre pr√©sence sur Terre, on en serait heureux et on respecterait toutes les vies, au lieu d'essayer d'√™tre les ma√ģtres du monde. Cette furie de vouloir √©galer la Cr√©ation est insens√©e puisqu'on tue tout pour pouvoir dire qu'on rivalise avec elle. Et les bombes atomiques, c'est le comble de l'absurdit√© ! On ne comprend m√™me pas que l'homme ait os√© les fabriquer. C'est monstrueux en soi car maintenant qu'il en a des stocks, sous le couvert de la dissuasion, √ßa veut dire que s'il y a une guerre, il d√©truira la Terre mais au nom de quoi ? Quel acte de propri√©t√© l'homme a-t-il dans sa poche pour oser d√©truire ?

Q - Est-ce que certains hommes ont accédé à une compréhension cosmique ?

R -
Jésus s'est cru dépositaire d'une puissance alors qu'il ne l'avait pas. S'il avait en lui une parcelle de cette force cosmique, il ne serait pas mort crucifié. Un dieu ne peut être crucifié. S'il avait eu cette puissance en lui, les gens qui l'auraient seulement touché auraient été foudroyés, le seul fait de penser à tuer les aurait fait mourir. Qu'ils aient pu se saisir de lui prouve qu'il n'était encore qu'un homme, peut-être en passe de devenir quelque chose, mais à ce moment là, il n'était que l'espérance de cette chose.

Les religions ont beau dire que la mort de Jésus était nécessaire pour racheter les hommes, sa crucifixion a été un échec et on a assimilé Dieu à cet échec. Comment est-ce concevable ? L'homme est prêt à tout pour justifier ses faiblesses.

Les religions telles qu'elles ont √©t√© reprises par Pierre, Paul ou Jacques n'ont fait que confirmer les croyances juives o√Ļ les commandements g√©raient une soci√©t√© essentiellement patriarcale et o√Ļ la femme ne jouait aucun r√īle. Si la femme a √©t√© cr√©√©e, ce n'est pas pour ensuite √™tre mise √† l'√©cart. Biologiquement, c'est elle qui donne la vie, ce n'est pas le m√Ęle. Le fait qu'elle soit √©cart√©e de certaines fonctions religieuses prouve bien le sectarisme de ces religions dont les divinit√©s n'ont rien √† voir avec un dieu universel.

En fait, ce que ces religions adorent, c'est la soci√©t√©. Elles ont invent√© un super chef d'√Čtat qu'elles appellent Dieu. Moi, je l'appellerais aussi bien Alexandre, C√©sar ou Napol√©on. On les disait issus de droit divin. L'√Čglise √©tait √† leur disposition et ils avaient droit de vie et de mort. C'est le dieu massacreur et vengeur de la Bible.

La puissance cosmique peut appara√ģtre dans l'homme s'il le souhaite, non dans le sens d'une intervention miraculeuse, mais dans le sens d'une compr√©hension, qui signifiera qu'un certain travail est termin√©. Cela voudra dire que l'homme a compris le pourquoi des choses, et il n'√©tait pas difficile aux proph√®tes d'annoncer la venue d'un Messie, dans le sens o√Ļ l'histoire de l'homme ne peut se terminer autrement. Ce Messie pourrait repr√©senter cette connaissance, cette compr√©hension mais dans le m√™me temps, √ßa am√®ne une mesure, une sagesse dans le sens o√Ļ l'homme sait qu'il est limit√© dans son habitat, qu'il n'est pas question pour lui d'en d√©truire d'autres. S'il admet cela, il peut esp√©rer survivre dans ce monde parce qu'il l'aura parfaitement compris. Et alors, il pourra souhaiter l'esprit, le cr√©er de toutes pi√®ces, l'enfanter m√™me, c'est le terme exact, l'enfanter par la pens√©e.

Il est un fait que si à la fin du cycle, cette force cosmique peut se manifester, elle détruira ceux qui, à tour de cloches, à tour de messes, à tour de tubes à essais la refusent. Le paradoxe, c'est que ceux qui osent critiquer ces pratiques, on les traite de diable. Mais le diable, c'est ceux qui refusent l'évidence, qui ne pensent qu'à détruire !

Ils se sont fabriqu√© un dieu mall√©able qu'ils contr√īlent m√™me √©ventuellement, qui peut √™tre d√©fini par un pape ou un ayatollah. Bien s√Ľr, c'est un dieu plus abordable que celui du cosmos, pour qui l'homme n'est qu'un homme et non le superman que l'on veut fabriquer avec les b√©b√©s √©prouvettes.

Q - Le mot diable est généralement utilisé par les religions. Pour vous quel sens a-t-il ?

R -
C'est simple. S'il y avait un ordinateur o√Ļ on pourrait mettre le oui et le non, la V√©rit√© et la non-V√©rit√©, on s'apercevrait que ceux qui se disent bons, en fait repr√©sentent le mal ou le diable si vous voulez. Ils crient ¬ę au fou ! ¬Ľ alors que ce sont eux les fous. La soci√©t√© telle qu'on la con√ßoit actuellement est d√©routante. Elle refuse la v√©rit√©, elle impose des monopoles. C'est le communisme qui ne reconna√ģt pas ses erreurs. C'est Barre qui dit ¬ę Il n'y a qu'une politique, c'est la mienne ¬Ľ, ce sont les pr√©sidents qui font des conneries et qui se justifient.
C'est l'atavisme du nom, du dipl√īme, de la fonction que permet de se croire sup√©rieur aux autres.
C'est la justice de l'homme, code figé qui écrase l'individu. Cette justice ne se limite t-elle pas au reflet d'un clan ? Si tu lui appartiens, tant mieux. Si tu ne lui appartiens pas, tu seras le perdant tout le temps ! Elle est boiteuse, plus que boiteuse et c'est encore une lutte contre la vérité. Finalement, l'homme a la hantise de cette machine qu'il ose appeler légale et qui est foncièrement abusive.
La justice, c'est aussi une facette du diable !

Ce qu'il faut, c'est que l'homme comprenne bien que les idoles qu'on lui propose ne sont que le souhait de ce qu'il espère de la société.
Vous rendez-vous compte que cette société c'est le super diable ? Personne n'oserait même imaginer un diable aussi odieux. Le miracle, c'est de passer au travers, de s'en sortir sans plaies et bosses.
C'est le type qui arrive √† la retraite et qui fait ¬ę OUF ! ¬Ľ non pas parce qu'il y est √† la retraite mais parce qu'il a pu y arriver ; il a √©chapp√© √† la d√©lation, √† la m√©chancet√©, √† l'incorporation forc√©e, mais √† quel prix ! Il a fallu qu'il s'aplatisse., sa dignit√©, il a d√Ľ l'oublier. Il y est arriv√©, certes, mais il n'est pas fier de lui... Elle le d√©go√Ľte un peu sa retraite, elle a un go√Ľt de vase... Non pas parce qu'il ne la m√©rite pas, mais parce que ce n'est pas √ßa qu'il esp√©rait de la vie.
Pour en arriver l√†, il a √©t√© forc√© de marcher √† reculons, de se plier aux exigences de la soci√©t√©. Et puis quelquefois, il a laiss√© condamner des gens parce qu'il n'a pas eu le courage de dire ¬ę ce n'est pas vrai ¬Ľ, parce qu'il √©tait prisonnier du conformisme, parce qu'il tenait √† sa tranquillit√©. Et finalement ! Il voit tr√®s bien que cette retraite qu'il esp√©rait tant, elle ne la lui donne pas cette tranquillit√©...Au moment de la pes√©e finale, de la pes√©e de son comportement √† tous les niveaux, tout au long de sa vie, il sait tr√®s bien que ce n'est pas du bon c√īt√© que va pencher le plateau de la balance.

C'est tr√®s important de savoir qui on est et qui on m√©rite. Il est un fait qu'actuellement, on ne peut m√©riter que les dieux qu'on nous offre. Le morceau de bois que le pape transporte sur son dos, que repr√©sente-t-il ? Le Pape, il faut bien qu'il lui donne une valeur √† ce bout de bois ! Et Dieu, o√Ļ le met-on dans tout cela ? Ce Dieu cosmique qui repr√©sente l'aboutissement de toute une compr√©hension.

Q - Mais alors, que peut faire l'homme pour ne pas avoir ce d√©go√Ľt √† la fin de sa vie ?

R -
L'homme pourrait √™tre le scribe de la vie. En √Čgypte, le scribe √©tait un personnage important. Il √©tait le scribe de la vie, parce que, ce qu'il inscrivait, passait au-del√† de la mort. En transcrivant tous les faits et gestes de l'homme, il leur donnait une signification. Ainsi, l'homme devenait responsable.

S'il voulait reconna√ģtre son r√īle, l'homme pourrait √™tre le scribe du Temps. Je crois que cela suffirait √† ses pr√©tentions. Mais non, il veut √™tre plus encore, il veut √™tre Dieu quitte √† le tuer. S'il pouvait inventer le secret de l'immortalit√©, il le massacrerait sans h√©sitation. C'est d'ailleurs ce qu'on voit dans certains films d'anticipation.

Q - En cette fin de siècle, l'homme qui se dit intelligent, comment ne se rend-il pas compte que cet état d'esprit est complètement aberrant ?

R -
Quand le cosmos a √©t√© cr√©√©, il √©tait int√©ressant de savoir comment la vie allait pouvoir habiter cette dimension et il fallait bien qu'un √™tre fasse le scribe de tout le travail qui s'est r√©alis√© depuis quatre milliards d'ann√©es. L'homme, en haut de l'√©chelle, avec sa compr√©hension, son intellectualisme, aurait d√Ľ se limiter √† cette t√Ęche au lieu de vouloir s'imposer. S'il avait compris qu'il pouvait √™tre le scribe de la Terre, il n'aurait pas song√© un seul instant √† s'inventer des divinit√©s complaisantes et il aurait pu alors souhaiter la pr√©sence de cette force afin de s'incorporer √† elle pour pouvoir continuer sa route vers une perfection. A ce moment l√†, ce n'est plus √† une vision localis√©e que l'homme se r√©f√®re mais √† une vision cosmique. Certains mythes d'ailleurs, ont fait passer ce message. L'Arche de No√© par exemple est un symbole : No√©, sa femme, ses enfants sont les repr√©sentants de toute vie sur Terre. Tout le reste est sous-entendu. Les animaux n'apportent rien de plus car ils sont d√©j√† en l'homme. L'Arche symbolise l'homme avec tout ce qu'il a en lui, tout son acquis, sa compr√©hension et par l√† m√™me, elle repr√©sente le moyen qui permet √† l'homme de se sauver, de red√©marrer une nouvelle soci√©t√©. Ces mythes ont √©t√© √©crits pour le futur et peuvent √™tre interpr√©t√©s comme des proph√©ties.
Mais pour en arriver √† ce stade, il faut un √™tre capable de raisonnement, qui puisse faire le scribe et dire ¬ę maintenant j'ai compris et je veux que cette compr√©hension, la compr√©hension de toutes les vies successives qui m'ont pr√©c√©d√© soit enregistr√©e et puisse servir √† un nouveau d√©part ¬Ľ. Et c'est peut-√™tre cela son d√©sir du Messie, faire appara√ģtre quelqu'un qui serait le r√©ceptacle de sa compr√©hension et pourrait √™tre le point de d√©part d'un nouveau cycle. Cycle qui se r√©aliserait dans l'esprit plut√īt que dans la mati√®re, o√Ļ le corps, la possession, le sexe auraient bien moins d'importance.
Tout ce qui a pu freiner l'homme dans son √©volution mentale, la barbarie, l'orgueil, l'√©go√Įsme, s'il en prend conscience, il peut se transformer et remettre en marche l'√©volution vers quelques chose de beaucoup plus parfait. Dans ce domaine, l'homme a un r√īle important √† jouer et tout le monde peut participer √† ce travail. Celui qui a une belle voix comme celui qui n'en a pas, celui qui a du muscle comme celui qui n'en a pas, celui qui a des dipl√īmes comme celui qui n'en a pas... En d√©finitive, celui qui am√®ne le moins, c'est celui qui se croit le plus : le superman, l'artiste adul√©, le champion de tennis. A quoi servent-ils ? Savoir que l'un gagne un match en tant de sets, que l'autre va mettre tant de pitons pour arriver, en plein hiver, au sommet d'une montagne, alors qu'en √©t√©, il aurait pu y aller tranquillement, sans prendre de risques absurdes, sans performances.

Toutes ces vedettes s'√©croulent et deviennent inutiles pour une compr√©hension √† l'√©chelle cosmique mais elles sont tr√®s int√©ressantes pour des croyances idol√Ętres. Celui qui fait du marketing par exemple, il est plus con que n'importe qui !
Avant, il était camelot, maintenant c'est l'ingénieur commercial. La seule différence, c'est qu'avant c'était un pauvre type et maintenant il fait partie des privilégiés.
C'est celui qui dans le temps faisait du porte √† porte en gagnant √† peine le minimum vital ; maintenant, c'est un bourgeois parce qu'il a un ¬ę porte-feuille ¬Ľ. Mais l'homme, lui, a-t-il chang√© ? Est-il diff√©rent de l'assureur d'il y a 40 ou 50 ans. Non. La loi a chang√© et a fait un homme qui vend du vent obligatoirement, c'est tout. Tous ces gens repr√©sentent la soci√©t√© dans son absurdit√©, mais certainement pas une esp√©rance pour le futur. Cette esp√©rance, on peut tr√®s bien la situer. Il suffit de comprendre que l'homme par son savoir et sa compr√©hension peut √™tre le scribe final.

A ce moment l√†, le physicien, l'ing√©nieur sont utiles. Il n'est pas question de renier leur savoir intellectuel s'il est bien utilis√©. L'artisan, l'ouvrier, l'atomiste √©ventuellement s'il ne cherche pas √† imposer ses centrales atomiques, tout peut servir √† la compr√©hension si l'homme conna√ģt le prix des choses. Mais quand il travaille b√™tement en refusant de voir les r√©percussions n√©fastes de son boulot, quand il ne veut pas se remettre en question, il se ferme alors √† toute compr√©hension et ne sert plus √† rien, c'est √ßa le probl√®me !

L'homme est vulnérable. Il n'est pas suffisamment lucide pour agir et juger en même temps. Tant qu'il n'aura pas conscience de cette faiblesse, il ne pourra être un scribe qui participe et impose en même temps. Ce n'est pas possible !

Il suffirait qu'il s'oublie, qu'il se mette à sa juste place dans la création cosmique pour que sa véritable fonction lui apparaisse clairement et en toute liberté.

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